L'incendie de Moscou (1812)
La famille d'Horrer habitait Moscou à l'époque où Napoléon s'en approchait. Les émigrés français étaient alors mal vus par les Russes qui les soupçonnaient de liens avec l'ennemi, et ceux qui n'avaient pas leurs papiers en règle ou pouvaient être suspectés de sympathie avec Napoléon furent déportés, évacués ou assassinés etc. La communauté française était consternée : ils avaient longtemps bénéficié d'une situation aisée à Moscou et risquaient de tout perdre.
Les premiers jours de l'occupation de l'armée de Napoléon à Moscou furent affreuses pour les émigrés restés à Moscou, comme les d'Horrer, car là aussi ils étaient recherchés comme des traîtres français passés à l'ennemi. Notre famille s'y trouvait donc lors de l'incendie de Moscou par Rostopchine en 1812, et le chevalier d'Ysarn raconte, dans "L'histoire de la colonie française à Moscou" que, fuyant le feu, elle s'était réfugiée à la Miasnitskaïa chez le docteur KARRAS, gendre de Philippe-Xavier d'Horrer. (DOC 36 : Récit de l'incendie de Moscou, par le curé de l'église Saint-Louis-des-Français) Un pillage général suivit. Ayant absolument tout perdu à cette occasion, même ses papiers et ceux de sa famille, c'est en vain qu'il sollicita une demande de pension au prince de Condé qui la refusa : (Doc-6, Doc-8, Doc-9). En 1821, Philippe-Xavier d'Horrer signa le règlement de l'asile Sainte-Darie, "maison de retraite pour les veillards de la colonie française obligés de quitter la carrière du travail sans avoir acquis l'indépendance et le bien- être que donne la fortune." –
Le souvenir des d'Horrer s'est conservé dans la paroisse, mais la moitié de l'asile, toujours existant, a été annexé par le MGB (devenu KGB) tout proche. Le nom de la rue, la Loubianka, laisse aujourd'hui encore un souvenir sinistre, mais à l'époque c'était un quartier agréable et animé de la ville. Les archives russes concernant la paroisse ont été récupérées juste avant leur rachat par la France et contiennent de nombreux actes de baptême, décès, etc, concernant les d'Horrer ainsi que des documents signés par eux et par les KIEN.
Il est l'auteur d'un "Dictionnaire géographique, historique et politique de l'Alsace" dont le premier volume (A et B), devenu rare et très recherché, est paru sans nom d'auteur en 1787 et dont le reste, demeuré manuscrit, s'est perdu dans la tourmente révolutionnaire. L'ouvrage entier devait comporter 12 volumes. Il aurait également publié, sans lieu ni date, un ouvrage intitulé "Breviculum jurium episcopatus Argentinensis".
Il mourut à Moscou, âgé de 84 ans, le 31 octobre 1828. Il avait été fait chevalier de Saint-Louis le 6 mars 1817.