Alexeï Iossifovitch d'Horrer et la branche de Toula
5° Le comte ALEXEÏ Iossifovitch d'HORRER naquit aussi dans la propriété de Démiakovka, à Kharkov, le 20 mars 1885 et mourut en automne 1920.
Licencié en droit et en médecine, il fut avocat comme son frère aîné Georges. Mais, à l'inverse de tous les autres d'Horrer, son idéal politique était de gauche. Il était socialiste révolutionnaire, si bien qu'il connut pendant sa jeunesse tantôt l'exil, tantôt les prisons du tsar. Et c'est grâce aux cautions payées par son frère Georges qu'il en était libéré.
En 1906, il fut arrêté pour appartenance au parti socialiste-révolutionnaire. En 1907, il fut condamné à deux ans d'emprisonnement et déchu de son titre de comte. Après cela, il fut exilé sous la surveillance de la police à Vologda.
A Vologda, il fit la connaissance d'une jeune socialiste-révolutionnaire également exilée, Victoria Vladimirovska Dilievska, née en 1886, fille d'un aristocrate polonais. Il l'épousa en 1910 et ils vécurent à Vologda. En 1911, Staline, encore inconnu, passa deux semaines chez les d'Horrer. En 1912, à sa dernière libération de prison, Alexeï partit rejoindre son frère Georges à Ashkâbâd (Turkménistan), où il travailla comme avocat.
Les bolchéviques avaient peu de soutien au Turménistan, et en juillet 1918 l'ordre de mobilisation provoqua le soulèvement anti-bolchévique d'Ashkâbâd, dirigé par le socialiste-révolutionnaire de droite (menchévik) Funtikoff, avec la présence d'Alexeï d'Horrer , finalement rejoints par les chefs de tribus turkmènes, ceux-là même qui avaient essayé de faire évader son frère aîné Georges d'Horrer (voir page suivante).
Ce groupe d'insurgés créa un "Gouvernement provisoire transcaspien" lié aux forces anglaises et turques, dirigé par Funtikoff. Alexei d'Horrer en devint le Ministre de la Justice et en tant que tel, il fut responsable de l'affaire des 26 Commissaires du Peuple de Bakou2. Et il devint secrétaire de la cour de campagne au siège du commandant en chef de l'armée des volontaires. L'Armée Rouge du Turkestan finit par les vaincre quelques mois plus tard, et les d'Horrer durent fuir.
Quand, après la mort de Georges, sa belle-soeur Olga (Delarue)-d'Horrer dut fuir Ashkâbâd, il partit avec leurs deux familles à Krasnodar, non loin de la Mer Noire, qui était occupée par l'armée blanche anti-révolutionnaire. De là, Olga et ses enfants retournèrent dans la région d'origine des d'Horrer en Ukraine, Kharkov, d'où ils seront exilés près de la frontière chinoise. Alexeï, lui, mourut en mer, après avoir attrapé le typhus à Istambul, à bord d'un bateau-hôpital qui transportait en Egypte les restes de l'Armée Blanche, en 1920, à l'âge de 36 ans. Il est enterré à Abassia, nécropole russe près du Caire.
Alexeï d'Horrer et Victoria Dilievska sont à l'origine de la branche dite "de Toula". Ils eurent trois enfants, dont les deux premiers entrèrent au Parti communiste. Mais comme leurs petits-enfants me l'ont dit de vive voix quand je les ai rencontrés à Moscou, notre famille était handicapée par sa noblesse - d'ailleurs mentionnée sur la carte d'identité - et l'inscription au Parti ne représentait rien d'autre que la possibilité de faire des études supérieures, d'obtenir un emploi conforme à ses qualifications, d'être militaire et de faire carrière.
1/ Le comte GEORGES Alexeievitch d'HORRER naquit en 1910 à Vologda.
Il rejoignit le Parti communiste en 36, participa à la guerre de Finlande en 39, fut gelé et on dut l'amputer des orteils. il entra ensuite dans le Corps des Volontaires du peuple et prit part à la défense de Moscou contre les nazis. Sa dernière lettre du front date de 1941. Il semble qu'il soit mort des suites de ses blessures, âgé de 31 ans.
2/ Le comte JOSEPH Alexeievitch d'HORRER, né le 1ᵉʳ septembre 1912 à Ashkâbâd, mourut en 1994. Diplômé de l'Ecole de Radiotechnique de Toula en 1933, il fut très actif dans le Komsomol et est à l'origine du système de communication de la ville de Komsomolsk-sur-l'Amour, en Sibérie, en 1937. Entré au Parti en 1941, il participa comme son frère à la défense de Moscou.
Il fit ensuite partie du service des Renseignements, et finit la guerre en Autriche comme commandant d'un bataillon de parachutistes spécialisés dans les Communications. Il reçut de nombreuses médailles. Il fut maître de conférences à l'Institut de Communication de Moscou et a publié des articles dans diverses revues scientifiques. Il mourut d'un cancer le 20 juillet 1994, âgé de 81 ans.
Il épousa Ansifa KHALITOVNA, née en 1917, ingénieur à l'Institut de Recherches Scientifiques de l'Industrie Pétrolière. Il en eut deux filles, Victoria d'Horrer (mariée à Valeri Kojoukhar, d'où un fils, Alexeï) et Natalia d'Horrer (mariée à Valeri Mkrtoumov, d'où un fils, Viktor.) J'ai eu l'occasion de passer quelques jours chez eux à Moscou et Viktor est venu à Paris nous rencontrer. Mais ces liens ne se sont pas poursuivis.
Il eut ensuite comme partenaire Anna Gavrilovna GORIAINOVA, née RAZINA (1916-2009). Il eut avec elle une fille, Lioubov, née en 1942, épouse d'Anatoly Zaïtsev et qui est intervenue sur les site de généalogie de la famille.
3/ KATIA Alexeievna d'HORRER, née en 1915 à Ashkâbâd, mariée en 1935 à un sportif professionnel, Valentin SYCHOFF, habitait Toula.
Elle est décédée le 11 octobre 2001 à Toula. Ils ont six enfants : Igor (1936), décédé dans un accident de voiture en 1961, Victoria (1937-2019 et mère de Natalia), Evguenia (1945), Tatiana (1947), Olga (1949) et Youlia (= Julie), tous mariés.