

Transcription
Original en français · dactylographié
Copies à la machine des pièces des archives du château de Chantilly.
DOC 7
Lettres de Condé, série Z, tome CXXI, 1812-1813, f. 195. Archives du château de Chantilly.
Régiment d'artillerie — Demande de pension
Philippe Xavier d'Horrer, né à Colmar en 1745, émigré en 1792, nommé Quartier-Maître Trésorier de l'Artillerie du Corps de Noblesse et des Troupes de ligne commandés par S. A. S. Mgr le Prince de Condé avec rang de Lieutenant ; retiré à Moscou depuis la fin de l'année 1798 avec sa famille ; ayant tout perdu, même le passeport et le certificat de services qui lui avaient été délivrés par ordre de S. A. S., par l'incendie qui a consumé Moscou au mois de septembre dernier et qui l'a réduit à la plus extrême indigence à l'âge de près de 70 ans, supplie S. A. S. de vouloir bien lui faire accorder la pension que le Gouvernement anglais a accordée à un grand nombre d'officiers qui ont eu l'honneur de servir sous les ordres de S. A., et que le suppliant n'avait pas demandée jusqu'ici parce qu'il avait des moyens d'existence dont l'incendie de Moscou l'a privé sans retour.
Saint-Pétersbourg, le 1er janvier 1813
d'Horrer
DOC 8
Archives du Musée de Chantilly. Lettres de Condé, 1789-1814, tome CXXI, Correspondance générale 1812-1813, n° 191.
Lettre de Philippe-Xavier d'Horrer à Monseigneur le Prince de Condé
Monseigneur,
Ayant eu l'honneur de servir sous les ordres de Votre Altesse Sérénissime, j'ose réclamer sa puissante protection dans le dénuement absolu dans lequel je me trouve depuis l'incendie qui a réduit en cendres la ville de Moscou, et en particulier mon habitation et tout ce qu'elle contenait.
Votre bienfaisance, Monseigneur, me fait espérer que vous daignerez me faire obtenir la pension que le Gouvernement anglais a accordée à un grand nombre d'officiers qui, comme moi, ont été à sa solde, et qui n'avaient pas eu, comme moi, le malheur de se trouver sans ressource par suite de l'invasion de ses ennemis et des nôtres, avec ma femme, notre petite-fille, c'est-à-dire la fille de mon fils cadet, qui a eu aussi l'honneur de servir sous les ordres de Votre Altesse Sérénissime, et qui est mort il y a passé 6 ans.
Je suis, avec le plus profond respect, Monseigneur, de Votre Altesse Sérénissime le très humble et très obéissant serviteur,
d'Horrer
Saint-Pétersbourg, le 1er janvier 1813 — chez M. Étienne Livio, banquier à Saint-Pétersbourg