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Documents de la famille · DOC 30

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Lettre d'Olga Garinina, fille de Tatiana d'Horrer, à Yves d'Horrer

DOC 30 — Lettre d'Olga Garinina, fille de Tatiana d'Horrer, à Yves d'Horrer

Transcription

Original en français · dactylographié

Traduction française de la lettre, tapée par Yves d'Horrer avec sa note d'introduction.

Traduction de la lettre d'Olga Garinina, née d'Horrer, demi-sœur de Sophie ; elle m'avait demandé une généalogie il y a un mois et je lui ai demandé certains renseignements. C'est la fille de Tatiana d'Horrer et de son premier mari, Constantin Smiernitsky, condamné à 10 ans de Goulag en 1936, mais en réalité fusillé en 1937. Tatiana, avertie qu'elle allait être arrêtée elle aussi, s'enfuit avec sa fille Olga à Alma-Ata chez sa sœur puis chez son frère, où elle resta pendant ces 10 années.

Djansugurovd 71, app. 32, Taldi-Kurgan, Kazakhstan 488015 — le 23 avril 1997

Cher Yves,
Je vous remercie bien pour votre lettre et le bon livre sur les « d'Horrer ».
J'ai lu votre lettre à l'aide du dictionnaire et ensuite mon amie du « Club des Chiens » m'a aidée. C'est aussi elle qui traduit ma lettre, car je ne connais pas tout à fait bien cette langue.
Mon mari et moi serons contents de vous rencontrer chez nous sur la terre du Kazakhstan. Je vous rencontrerai à Almaty (Alma-Ata) et nous passerons 2-3 jours chez mon amie qui habite Almaty ; c'est une belle ville où il y a beaucoup de choses à voir.
Par exemple la belle cathédrale en bois qui a supporté un tremblement de terre terrible en 1910, le célèbre Médéo, etc.
Quant à notre Taldi-Kurgan, il n'est pas trop beau maintenant ; auparavant, c'était une petite ville calme assez belle. Mais après 6 ans de « Pérestroïka », elle est devenue, selon l'expression russe, « ni peignée ni lavée ».
Les entreprises ne fonctionnent pas et les habitants sont restés sans travail et sans argent. Dans la ville, il n'y a pas d'eau chaude et il n'y a pas souvent d'électricité.
Quant à la chronologie familiale, c'est ma sœur qui la connaît mieux que moi, et c'est pourquoi je ne peux pas vous aider.
J'ai grandi pendant les temps terribles de Staline, et ma mère et ma grand-mère, ayant supporté beaucoup de malheurs et de pertes, ne voulaient pas blesser ma psychologie et n'en parlaient jamais en ma présence.
Je n'ai connu la vérité sur mon père qu'à l'âge de 14 ans, quand le temps d'entrer au Komsomol est venu.
Quant à ma sœur, elle a grandi en d'autres temps, quand la peur des répressions n'existait plus. C'est pourquoi elle s'est intéressée à tout librement et passionnément. À cette époque, moi, j'avais déjà fondé une famille.
Olga